Les aides en face-à-face sont variées : il est possible de bénéficier du soutien de professionnel·les spécialisé·es comme d’échanger avec des personnes confrontées à des difficultés similaires. Cela peut prendre différentes formes, notamment par le biais de structures ambulatoires, ou encore par une prise en charge dans le secteur hospitalier lorsque la situation le nécessite.
Le choix d'une prise en charge dépend de nombreux éléments et est différent en fonction de chaque personne. Un premier contact avec un·e professionnel·le de la santé permet souvent de trouver l'accompagnement le plus adapté.
L’aide en ambulatoire et les différent·es professionnel·les
Contrairement à une vision uniquement centrée sur l’arrêt immédiat de l’alcool, l’aide ambulatoire s’inscrit généralement dans une démarche globale qui prend en compte les besoins, les ressources et le rythme de chaque personne. Il existe différent·es professionnel·les de la santé formé·es pour soutenir chaque personne dans la compréhension de sa consommation. Ces professionnel·les se retrouvent dans des structures ambulatoires ou en cabinet privé. Ils et elles peuvent également proposer un soutien à l’entourage, souvent confronté aux conséquences de la consommation problématique d’un·e proche.
Alcoologues
Un·e alcoologue peut être médecin, psychologue, infirmier·e ou membre d'une équipe spécialisée sur les questions en lien avec l’alcool. Il ne s'agit pas d'une profession spécifique mais d’une formation complémentaire. Son rôle est d'évaluer la situation de la personne, de l'aider à mieux comprendre sa consommation et de construire avec elle un accompagnement adapté à ses besoins et à ses objectifs.
Consulter un alcoologue ne signifie pas forcément vouloir arrêter de boire. C'est avant tout l'occasion de faire le point, de poser ses questions et de bénéficier d'un accompagnement spécialisé.
Médecins généralistes
Consulter un·e médecin généraliste est une bonne première étape. S'il s’agit de votre médecin de famille, il ou elle vous voit depuis des années, connaît votre contexte médical, familial et psychologique et est donc à même de vous accompagner pour évaluer et réduire les effets physiques de l’alcool (foie, tension, sommeil…).
Il ou elle peut aussi vous orienter vers une aide plus spécialisée tout en maintenant le contact avec vous tout le long de votre processus de réduction ou d'arrêt de l'alcool.
Certains médecins sont également alcoologues, ce qui les rend d’autant plus aptes à vous accompagner dans votre démarche.
Les médecins psychiatres
Les psychiatres sont des médecins spécialisé·es en santé mentale, qui sont habilité·es à diagnostiquer et à traiter les troubles psychiques parfois associés à une consommation problématique d'alcool (comme la dépression ou les troubles anxieux).
En tant que médecins, ils et elles peuvent prescrire des médicaments, contrairement aux psychologues. Cela inclut notamment des traitements visant à réduire le craving, des traitements de sevrage lorsque cela est indiqué, ainsi que des médicaments destinés à traiter d'éventuelles comorbidités psychiatriques.
Les psychiatres interviennent également dans les situations les plus complexes, par exemple en cas de dépendance sévère, de rechutes répétées, de risque suicidaire ou de troubles psychiatriques associés. Ils peuvent coordonner la prise en charge avec d'autres professionnels et orienter, si nécessaire, vers un service hospitalier, une unité spécialisée en assuétudes ou un programme résidentiel.
Psychologues clinicien·nes
Les psychologues clinicien·nes sont des professionnel·les de la santé mentale formé·es à la compréhension des mécanismes psychologiques. Leur rôle est d’accompagner les personnes dans l'exploration de leurs pensées, de leurs émotions, de leurs croyances et de leurs modes de fonctionnement. L’objectif est ainsi à la fois de mieux se comprendre mais aussi de pouvoir agir pour modifier sa façon de gérer sa consommation.
Dans le contexte d'une consommation problématique d'alcool, cet accompagnement peut, par exemple, aider à mieux comprendre la place qu'occupe l'alcool dans la vie de la personne, les facteurs qui entretiennent la consommation ou, au contraire, les ressources sur lesquelles elle peut s'appuyer pour la faire évoluer.
Les psychologues proposent un accompagnement sans jugement, adapté au rythme de chaque personne, dans un cadre confidentiel. Pour beaucoup, cette rencontre représente la première occasion de parler librement de leur consommation d'alcool, sans honte ni culpabilité.
Les groupes de parole
Avoir l’occasion d’échanger avec d’autres personnes qui vivent une expérience similaire au sujet de l’alcool peut être très profitable. Les groupes de parole pour personnes souhaitant réduire ou arrêter l’alcool offrent un espace sécurisé et sans jugement, où chacun·e peut partager son expérience et recevoir le soutien d’autres membres à travers leurs récits. Ils complètent utilement les suivis professionnels et contribuent au bien-être émotionnel ainsi qu'à la réduction de l’isolement.
Les groupes menés par des pair·es
Certains groupes sont organisés par les pair·es, c'est-à-dire structurés et menés par des personnes ayant elles-mêmes vécu une problématique en lien avec l’alcool. Il n’y a donc pas de représentant·e professionnel·le de la santé dans ce type de groupe.
Les Alcooliques Anonymes (AA) sont le mouvement d'entraide le plus présent en Belgique francophone. Ils proposent un cadre structuré reposant sur un programme en douze étapes et centré sur l'abstinence. Cette approche s'appuie sur une dimension spirituelle, qui n'est pas nécessairement liée à une religion ou à la croyance en Dieu. Cette dimension peut être une ressource importante pour certaines personnes, tandis que d'autres s'y reconnaissent moins.
Si vous souhaitez en savoir plus, découvrez le témoignage de Virginie dans notre podcast “La coupe est pleine”. Elle y raconte son parcours et explique ce que son engagement au sein des Alcooliques Anonymes lui a apporté.
D'autres groupes axés sur l'abstinence se sont développés ces dernières années. C'est notamment le cas de Vie Libre (Vie Libre Belgique), qui propose une approche proche de celle des AA, mais sans dimension spirituelle. Sa particularité est de réunir au sein des mêmes groupes des personnes souhaitant modifier leur consommation d'alcool ainsi que des proches de consommateurs.
Les groupes de parole de soutien
D'autres groupes existent également et accompagnent tant les personnes qui souhaitent réduire leur consommation d'alcool que celles qui visent l'abstinence. Ils sont souvent animés par des pair·es ou des professionnel·les du secteur social. Ces groupes offrent un espace de partage d'expériences, où les animateur·ices veillent au cadre des échanges tout en laissant les participant·es libres d'exprimer leur vécu.
Les groupes psychothérapeutiques
Ces groupes sont animés par des professionnel·les de la santé mentale. Ils proposent un accompagnement thérapeutique permettant d'explorer les mécanismes, les difficultés et les facteurs qui influencent la consommation d'alcool. Ils peuvent convenir aux personnes qui souhaitent un suivi plus approfondi ou un cadre thérapeutique structuré.
Les différentes structures d’aide
Sevrage et cure en résidentiel en unité d’alcoologie
Un sevrage est une prise en charge médicale résidentielle visant un arrêt de l'alcool dans un cadre sécurisé. Il est encadré par une équipe médicale et psychologique. Dans certains cas, le sevrage peut être réalisé à domicile si un accompagnement adéquat est mis en place autour de la personne. Dans la majorité des cas, celui-ci aura lieu à l'hôpital.
Parler de cure implique un travail après le sevrage afin de mieux comprendre et gérer les mécanismes de l'addiction. En d’autres termes, le sevrage se concentre sur la stabilisation du corps et la cure s’interroge sur les aspects psychologiques de l’alcool dans la vie de la personne. Les unités d'alcoologie, de psychiatrie générale et les centres résidentiels spécialisés incluent la plupart du temps le sevrage et la cure sur la même période de temps.
Concrètement, avant l'entrée, un entretien de pré-admission permet d’évaluer la situation, d’expliquer le programme et de fixer une date d’entrée. La personne est accueillie, installée, puis réalise un bilan médical complet.
Durant 3 à 7 jours, un traitement est mis en place pour gérer les symptômes de sevrage. L’objectif est de soutenir la personne dans un cadre rassurant. Une fois le corps stabilisé et les risques liés au sevrage écartés (lien vers article), un accompagnement multidisciplinaire est proposé (psychiatre, psychologue, assistant·e social·e, etc.) pour aborder la consommation d'alcool sous plusieurs angles.
Selon les unités d'alcoologie, le séjour peut durer entre une et plusieurs semaines. La sortie est préparée en amont pour éviter les rechutes : suivi ambulatoire, post-cure ou groupes de soutien.
| Exemples de différents formats d’accompagnement : À Bruxelles, l’unité intégrée hépato-gastro et psychiatrie des Cliniques universitaires Saint-Luc propose une cure de trois semaines, structurée en une semaine d’hospitalisation (incluant sevrage et bilan), une semaine à domicile, puis une semaine de retour à l’hôpital. Au CHU Brugmann, l’unité 72 d’alcoologie réalise une cure de sevrage d'au moins trois semaines, avec hospitalisation, suivi médical, psychologique, social, et préparation de la sortie. Par ailleurs, quelques mois après la cure, il est possible de programmer une semaine d'hospitalisation pour consolider le travail de la cure. À l’unité d’alcoologie du Grand Hôpital de Charleroi, une hospitalisation de 7 jours est mentionnée comme durée de sevrage. Un travail en amont et en aval est assuré afin de garantir la continuité des soins. |
Sevrage et cure en psychiatrie générale et en centre spécialisé non hospitalier
Le sevrage et la cure peuvent également se faire en unité de psychiatrie générale ainsi que dans des centres résidentiels spécialisés.
Faire son sevrage en unité de psychiatrie générale permet d’arrêter l’alcool en sécurité, avec une surveillance médicale 24h/24 et la prise en charge de troubles psychiques associés (dépression, anxiété, troubles de l'humeur, etc.). Cette approche globale réduit les risques de complications et prépare la personne à un suivi thérapeutique ou une post-cure résidentielle après le sevrage.
Post-cure en résidentiel
Les centres de post-cure accueillent des personnes après le sevrage et la cure pour consolider l’abstinence et soutenir la reprise de la vie quotidienne. Ils offrent, en résidentiel, un accompagnement structuré sur plusieurs mois, avec un suivi psychologique, social et éducatif. La vie en communauté y prend une part importante dans la reconstruction des liens à l'autre, sans alcool. Y sont aussi proposés toute une multitude d’activités qui favorisent la découverte de soi sans passer par l’utilisation du produit ; pratiques sportives, ateliers créatifs, ateliers culinaires, …
Les centres de jour
Les centres de jour offrent un accompagnement quotidien ou hebdomadaire pour les personnes souhaitant réduire ou arrêter leur consommation d’alcool, sans avoir besoin d’un hébergement résidentiel. Il peut s'agir d'un espace dans une maison ou dans un hôpital.
Ces centres ont de nombreux avantages :
- Soutien structuré grâce à des activités thérapeutiques, sportives, des ateliers créatifs, psychoéducatifs et des groupes de parole ;
- Accompagnement individualisé et pluridisciplinaire ;
- Maintien de la vie quotidienne : les participant·es restent à domicile, peuvent continuer à travailler ou étudier ;
- Prévention de la rechute grâce à l’apprentissage de stratégies pratiques et à un suivi régulier ;
- Création de liens sociaux et d’un réseau de soutien entre participant·es dans un cadre sûr et non stigmatisant
| À retenir : On distingue trois types d’aide en présentiel : ambulatoire, groupes de paroles et institutions. Dans l’aide ambulatoire, vous pouvez rencontrer différents types de professionnels qui répondront à divers besoins (prise en charge médicamenteuse, exploration des pensées et du rôle de l’alcool, etc). Les groupes de parole permettent quant à eux de rencontrer des pair·es avec un vécu proche du sien et au sein desquels il est possible de trouver soutien et/ou accompagnement thérapeutique. Enfin, différentes structures existent (cures, post-cures) et répondent à des besoins variés, selon les différents moments et besoins. |