Nos pensées et nos croyances influencent souvent, dans une large mesure, nos actions, nos comportements et nos sentiments. Certaines sont conscientes et raisonnées. D’autres sont plus difficiles à identifier et peuvent être présentes depuis des années sans que nous en ayons réellement conscience. On parle alors notamment de pensées automatiques ou de croyances inconscientes.
Une pensée peut sembler évidente ou correspondre à la réalité sans pour autant être un fait. Elle peut influencer la manière dont une situation est vécue et, par conséquent, les émotions, les comportements et les réactions qui suivent.
Par exemple, une personne se réveille effrayée en pleine nuit à cause du bruit d’une fenêtre qui grince. Ce n’est pas nécessairement le bruit lui-même qui provoque la peur, mais la pensée qui l’accompagne, comme par exemple “il y a un cambrioleur, un danger est imminent”.
Ces pensées peuvent parfois être très négatives ou reposer sur des croyances installées depuis longtemps. Elles peuvent alors influencer fortement la vie, déstabiliser, diminuer l’estime de soi et avoir des conséquences sur les relations avec les autres et sur le comportement général.
Le lien entre les situations, les pensées et les comportements
Une même situation peut être vécue de manière différente selon les pensées et les croyances qui l’accompagnent. Ce mécanisme peut être résumé de la manière suivante :

Par exemple, après un échec, une personne peut ressentir une tristesse qui crée chez elle la pensée "je ne vaux absolument rien et je ne peux jamais rien faire de bon". Cette pensée peut entraîner de l’angoisse ou accentuer la tristesse puis conduire à ne plus prendre d’initiatives et à se replier sur soi. Chaque nouveau revers peut alors sembler confirmer la croyance de départ.
Les conséquences peuvent à leur tour renforcer la pensée initiale et créer un cercle qui se répète.
Les croyances sur soi et sur le monde
Certaines croyances ont la peau dure. Elles trouvent souvent leurs racines dans l’enfance ou se sont construites au fil des expériences et des conclusions tirées sur soi-même et sur le monde. Elles peuvent ensuite orienter l’attitude et le comportement sans être toujours conscientes.
Par exemple, partir du principe que l’on « est un raté » peut entraîner une dévalorisation de soi et un état dépressif. Il devient alors plus difficile de prendre des initiatives pour améliorer sa situation et un sentiment de blocage peut s’installer.
Les pensées bloquantes
Les pensées bloquantes sont, la plupart du temps, irréalistes, partiales et négatives. C’est-à-dire qu’elles ne prennent en compte qu’une partie de la réalité de manière négative, en laissant de côté d’autres possibilités plus nuancées ou positives. Elles contiennent souvent des erreurs de raisonnement et peuvent empêcher d’atteindre un objectif.
Par exemple, après un échec, une personne peut être convaincue qu’elle ne vaut absolument rien et qu’elle ne peut « jamais » rien faire de bon. Chaque revers vient alors confirmer cette croyance et renforcer le sentiment négatif. La situation peut sembler « catastrophique » et les choses qui ont été faites correctement sont laissées de côté.
Une manière de repérer ces pensées bloquantes est de s’attarder sur leur caractère généralisant. Elles laissent peu de place au doute ou à la nuance et donnent l’impression que les choses sont rigides et impossibles à changer : c’est toujours comme ça, ça ne changera jamais, …
Les pensées facilitantes
Les pensées facilitantes sont plus réalistes et moins partiales. Elles présentent une tonalité plus optimiste et ne contiennent pas ou moins d’erreurs de raisonnement. Elles permettent de persister dans ses efforts et de poursuivre ses objectifs.
Après un échec, il est possible de reconnaître que celui-ci est difficile, énervant ou décevant sans en conclure que sa propre valeur est remise en question. La situation n’est pas considérée comme « catastrophique » et une solution peut être recherchée.
Une pensée facilitante ne consiste pas nécessairement à remplacer une pensée négative par une pensée positive. Il s’agit plutôt de regarder la situation de manière plus réaliste et plus nuancée et de pouvoir insuffler du doute par rapport à ses pensées négatives rigides et dévalorisantes.
Observer ses pensées
Les pensées automatiques peuvent être difficiles à repérer précisément parce qu’elles semblent naturelles. Il peut être utile d’observer ce qui se passe dans certaines situations :
- Que s’est-il passé juste avant ?
- Quelle pensée est apparue ?
- Quelle émotion ou quelle sensation était présente ?
- Quel comportement a suivi ?
- Quelles ont été les conséquences ?
Il n’est pas nécessaire de « se débarrasser » de toutes les pensées négatives. L’objectif peut d’abord être de les repérer, de comprendre leur influence et d’en limiter l’impact.
| À retenir : Chacun·e peut être confronté·e à des pensées automatiques qui peuvent s’avérer négatives, reposer sur des croyances anciennes et influencer fortement sa vie. Ces pensées influencent inconsciemment nos émotions, la vision du monde et de soi-même ainsi que les choix et la façon de penser. On peut distinguer les pensées bloquantes, caractérisées par leur côté irréaliste, partial et négatif, des pensées facilitantes, plus positives et qui favorisent la mise en place d’actions en faveur de nos objectifs personnels. |