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La première question à laquelle il faut répondre lorsqu’on parle d’alcool, c’est… ce qu’est l’alcool exactement. Plus largement, il s’agit aussi de comprendre comment l’alcool est absorbé, comment il est éliminé et les effets qu’il a sur le corps et le cerveau. Comprendre ces mécanismes permet de mieux saisir les effets de l’alcool, à court comme à long terme, et les facteurs qui influencent l’alcoolémie.

De l’éthanol à la boisson alcoolisée 

L’éthanol

Ce que l’on appelle communément “alcool” est une substance chimique appelée éthanol. C’est cette substance qui est responsable des effets sur le cerveau et l’organisme comme la sensation de détente, la diminution de l’attention et des réflexes ou encore la somnolence. L’éthanol est transparent, incolore, inflammable et, surtout, c’est un toxique pour l’organisme. Dans les boissons alcoolisées, il est toujours présent conjointement à de l’eau et à d’autres substances. 

C’est la fermentation de certains fruits, de céréales ou d’autres végétaux qui produit de l’alcool. Au cours de ce processus, les sucres naturellement présents sont transformés en alcool.

Fermentation et distillation

Il est possible d’obtenir des boissons alcoolisées en utilisant ce processus de fermentation. De cette façon, on peut obtenir des boissons titrant jusqu’à environ 15 % d’alcool. C’est ainsi que sont fabriqués, par exemple, la bière (à partir de céréales) ou le vin (à partir de raisins).

Pour obtenir des boissons plus fortement alcoolisées, on utilise un autre procédé, appelé distillation. Ce procédé consiste à chauffer une boisson fermentée afin d’en extraire uniquement l’alcool puis à refroidir les vapeurs obtenues pour les transformer à nouveau en liquide. C’est de cette manière que sont produits les spiritueux, comme le whisky (à partir de céréales) ou la vodka (à partir de pommes de terre).

La quantité d’alcool

Le pourcentage d’alcool indiqué sur une bouteille correspond à la proportion d’alcool pur présente dans la boisson. Par exemple, dans un litre de bière à 5 % d’alcool, l’alcool pur représente 5 cl du volume total de la boisson.

Cette quantité varie fortement d’une boisson à l’autre : une bière contient généralement autour de 5 % d’alcool, un vin entre 12 et 15 %, tandis que les spiritueux en contiennent le plus souvent autour de 40% (certains pouvant aller jusqu’à 80 %).

Assimilation et élimination de l’alcool par le corps

Comment l’alcool est assimilé

Lorsqu’on boit de l’alcool, ce dernier traverse l’œsophage et arrive dans l’estomac, où une partie est absorbée directement dans le sang. L’alcool se diffuse alors rapidement dans tout l’organisme. Environ 10 minutes après avoir été consommé, il atteint déjà le cerveau. C’est à ce moment que les premiers effets peuvent commencer à se faire ressentir. Après environ 20 minutes, l’alcool atteint le foie par l’intermédiaire du sang. Le foie commence alors à l’assimiler progressivement. 

En général, il faut compter 45 minutes après la consommation d’alcool pour que l’alcoolémie atteigne son niveau le plus élevé. Lorsque l’on mange avant ou en même temps, l’absorption est plus lente et le pic d’alcoolémie est généralement atteint plus tard. En effet, lorsque l’estomac contient de la nourriture, l’alcool passe plus lentement vers l’intestin grêle, ce qui ralentit l’augmentation de l’alcoolémie : le pic est alors atteint plus tard.

Comment l’alcool est éliminé par le corps

Par la suite, c’est le foie qui élimine la plus grande partie de l’alcool, tandis qu’une petite quantité est éliminée par les reins, les poumons, la peau et la salive. Il faut en moyenne environ une heure pour éliminer l’alcool contenu dans un verre standard, mais cette durée peut varier d’une personne à l’autre. Contrairement à une idée reçue, manger ne permet pas d’éliminer l’alcool plus rapidement : une fois qu’il est passé dans le sang, le foie a besoin du même temps pour le dégrader

De même, il n’existe pas de méthode permettant d’accélérer l’élimination de l’alcool. Boire du café, prendre une douche froide, faire du sport ou prendre l’air peuvent donner l’impression de se sentir plus éveillé ou plus en forme, mais ces méthodes ne font pas baisser l’alcoolémie plus rapidement. Le seul véritable moyen de faire diminuer l’alcoolémie est donc de laisser le temps à l’organisme d’éliminer l’alcool.

Vous pouvez utiliser notre outil d’estimation de l’alcoolémie pour vous aider à évaluer votre taux d’alcool dans le sang après avoir consommé de l’alcool.

Que se passe-t-il dans le cerveau ?

Dans le cerveau, l’alcool ralentit la communication entre les neurones et modifie le fonctionnement de plusieurs zones cérébrales. Ses effets apparaissent progressivement, au fur et à mesure de la consommation et dépendent à la fois de la quantité d’alcool consommée et de la vitesse à laquelle on boit.

L’alcool agit notamment sur différentes zones du cerveau :

  • Le cortex frontal : il intervient dans le jugement, la prise de décision et la maîtrise de soi. L’alcool peut réduire les freins psychologiques qui permettent habituellement de contrôler ses comportements.
  • L’hippocampe : il joue un rôle essentiel dans la mémoire. Une consommation importante peut provoquer des trous de mémoire ou “blackouts”, pendant lesquels certains événements ne sont pas enregistrés.
  • Le cervelet : il participe à l’équilibre et à la coordination. L’alcool peut entraîner une démarche moins stable, des gestes moins précis et des réflexes ralentis.
  • Les zones qui contrôlent les fonctions vitales : lors d’une consommation massive en peu de temps, l’alcool peut ralentir fortement la respiration et le rythme cardiaque. Une intoxication sévère peut alors entraîner un coma et, dans les cas les plus graves, être mortelle.

À court terme, l’alcool peut donner une sensation de détente, d’euphorie ou de désinhibition. Mais à mesure que l’alcoolémie augmente, il perturbe davantage le fonctionnement du cerveau : l’attention et les réflexes diminuent, le jugement est moins précis, la coordination devient plus difficile et la maîtrise de soi baisse. On peut alors prendre davantage de risques, avoir des réactions impulsives ou rencontrer des difficultés à contrôler sa consommation.

→ En savoir plus sur les effets de l’alcool à court terme

À plus long terme, une consommation importante et répétée peut également endommager durablement le cerveau et affecter certaines capacités cognitives, notamment la mémoire, l’attention et les capacités de raisonnement. Le cerveau est particulièrement vulnérable pendant l’adolescence et le début de l’âge adulte, période durant laquelle son développement se poursuit encore.

En savoir plus sur les effets de l’alcool à long terme

À retenir
L'alcool est un dérivé de l'éthanol, une substance toxique pour l'organisme.
Il se diffuse rapidement dans l'organisme et entraîne, à faible dose, une sensation de détente et d'euphorie, ainsi qu'une diminution des réflexes et une altération du jugement à plus forte dose.
Il agit particulièrement sur le cerveau et ses différentes zones, une consommation à long terme entraînant d'importantes conséquences sur celui-ci.