Si l’alcool a un impact certain sur le corps, il peut également avoir des effets d’ordre plus psychologique. C’est notamment le cas sur l’humeur, le niveau d’anxiété, la régulation des émotions, l’estime de soi et certaines capacités cognitives.
Tout comme pour le corps, ces effets ne sont pas les mêmes pour toutes et tous. La quantité, la fréquence, la durée ainsi que des facteurs individuels influent sur la nature et l’importance des effets psychologiques de l’alcool. Il existe également une interdépendance entre les effets psychologiques et les effets sur le corps : une difficulté psychologique peut ainsi favoriser une consommation excessive, qui peut elle-même accroître une vulnérabilité. Avec le temps, il peut alors devenir difficile de distinguer ce qui était présent au départ de ce qui est lié à la consommation.
Le risque d’un accroissement de l’anxiété
L’alcool peut donner temporairement l’impression de diminuer une tension émotionnelle ou un état d’anxiété. Pourtant, dans ce qui peut sembler paradoxal, une consommation excessive et répétée peut favoriser ou aggraver des symptômes anxieux. Les périodes entre deux consommations ou les lendemains de consommation peuvent notamment s’accompagner de nervosité, d’irritabilité ou d’une anxiété accrue.
L’alcool peut ainsi contribuer à installer un cercle vicieux, dans lequel l’anxiété et la consommation se renforcent mutuellement.
Les effets sur l’humeur
On remarque également qu’une consommation d’alcool excessive et répétée est associée à un risque plus important de dépression. Sur les moyens et long termes, l’alcool peut accentuer la tristesse, la perte d’intérêt, la fatigue ou un sentiment de découragement. Comme pour l’anxiété, ces symptômes poussent parfois à maintenir, voire à augmenter la consommation, au risque de perpétuer, là encore, un cercle vicieux entre consommation et dépression. Tout cela peut aboutir à rendre la prise en charge de l’état dépressif plus difficile, perpétuant un peu plus le cercle vicieux.
→ En savoir plus sur l’alcool et la dépression.
Instabilité émotionnelle, agressivité et impulsivité
Au-delà d’émotions difficiles comme la tristesse ou l’anxiété, une consommation importante et répétée peut rendre de plus en plus complexe la gestion des émotions en général. L’irritabilité, les changements d’humeur, l’impulsivité voire l'agressivité peuvent devenir plus fréquents et difficiles à gérer. Au-delà de conséquences sur soi, cela peut amener à des difficultés sociales (relations avec les proches, problèmes judiciaires)
→ En savoir plus sur l’alcool et l’impulsivité.
Consommation d’alcool et estime de soi
D’un point de vue plus global, la consommation excessive d’alcool peut altérer progressivement la perception que l’on a de soi-même sur les moyens et longs termes. L’image de soi devient plus négative, on peut sentir qu’on perd le contrôle ou que l’on s’éloigne de ce qui compte vraiment pour soi.
De cela, découlent parfois des sentiments de honte, de culpabilité et, au final, une image et une estime de soi de plus en plus négatives. Comme pour l’anxiété ou la dépression, elles peuvent elles-mêmes devenir une source de mal-être et contribuer à maintenir la consommation.
→ En savoir plus sur l’alcool et le sentiment de honte.
Mémoire, concentration et autres fonctions cognitives
Une consommation excessive et prolongée peut également affecter le fonctionnement du cerveau. La mémoire, l’attention, la concentration, la capacité à prendre des décisions ou à contrôler ses impulsions peuvent être altérées.
L’alcool peut modifier durablement certains circuits cérébraux impliqués notamment dans la mémoire, la prise de décision, l’attention et le contrôle des comportements. Ces changements peuvent rendre plus difficile la maîtrise de sa consommation.
Le cerveau conserve toutefois une capacité d’adaptation. Une partie des changements liés à une consommation excessive peut s’améliorer après une période prolongée sans alcool.
→ En savoir plus sur l’alcool et les troubles de la mémoire.
| À retenir : La consommation d’alcool à long terme peut influencer votre santé mentale, tout comme votre santé mentale peut influencer votre consommation. Il est souvent rapporté que l’alcool est consommé pour diminuer les sentiments d’anxiété et de dépression. Or, il peut au contraire les renforcer, tout comme il peut accentuer l’instabilité émotionnelle, une faible estime de soi et certaines difficultés cognitives. Ces différents facteurs ont par ailleurs tendance à se renforcer mutuellement. |