Lorsqu’on parle de modifier sa consommation d’alcool, trois objectifs principaux sont possibles :
- Réduire sa consommation d’alcool.
- Arrêter temporairement sa consommation d’alcool.
- Arrêter complètement sa consommation d’alcool.
Pour faciliter le passage à l’action, il peut être utile de concrétiser cet objectif.
Plutôt que de se dire « je vais boire moins », il est utile de définir précisément le nombre de verres souhaités. De même, plutôt que de penser « je vais bientôt arrêter », mieux vaut choisir une date précise pour passer à l’action.
De même, des étapes intermédiaires peuvent être envisagées : par exemple, ne rien boire pendant deux semaines avant de réduire sa consommation, ou diminuer progressivement celle-ci pendant deux semaines avant d’arrêter complètement.

La réduction de la consommation
Réduire sa consommation d’alcool consiste à définir des limites adaptées à sa situation et à mettre en place des repères concrets pour les respecter.
C’est notamment le cas lorsque :
- La consommation d’alcool suscite des inquiétudes, mais n’a pas encore de répercussions majeures sur le quotidien.
- La consommation excessive est récente.
- Une consommation modérée a déjà pu être maintenue pendant une longue période.
- L’alcool n’est pas consommé pendant la journée et il n’y a pas d’attente permanente du moment où il sera possible de boire.
- Il est possible de s’arrêter après avoir commencé à boire, sans perte de contrôle.
- L’état physique et psychologique est satisfaisant.
- Il n’existe pas de dépendance physique à l’alcool ni de symptômes de sevrage.
- La consommation ne vise pas systématiquement la recherche de l’ivresse.
- L’alcool n’est pas utilisé de manière constante pour oublier des problèmes ou gérer ses émotions.
- La majorité de l’entourage consomme de manière modérée ou pas du tout.
- Les problèmes de dépendance sont peu présents dans la famille.
Si la réduction s’avère impossible malgré plusieurs tentatives, un arrêt complet peut être envisagé.

Arrêter temporairement
Pour certaines personnes, une période sans alcool peut faciliter la réduction de la consommation. Elle permet de prendre du recul sur ses habitudes, d’observer les effets de l’arrêt sur le corps et l’esprit et de mieux comprendre les situations qui suscitent une envie d’alcool ou la place que l’alcool occupe dans ces moments.
Ne pas boire pendant un certain temps peut également renforcer le sentiment de maîtrise et montrer qu’il est possible de vivre sans alcool. C’est le cas lorsque :
- Certaines habitudes quotidiennes rendent la réduction de la consommation difficile.
- Diminuer le nombre de verres entraîne des envies d’alcool ou une frustration liée au fait de devoir constamment se limiter.
- La consommation excessive s’est installée sur une certaine période et une pause peut permettre de prendre du recul.
Attention : en présence de symptômes de sevrage lors de l’arrêt, il est nécessaire de consulter un médecin. Un sevrage peut nécessiter un accompagnement médical et, dans certains cas, un traitement adapté.
Astuce : si l’arrêt temporaire s’avère particulièrement difficile, un traitement pharmacologique de soutien peut être envisagé avec un médecin traitant.
Arrêter complètement
L’arrêt complet de l’alcool peut être envisagé lorsque la consommation présente des risques importants pour la santé ou qu’une réduction ne semble pas adaptée ou suffisante.
C’est le cas lorsque :
- L’alcool occupe une place centrale dans la vie quotidienne : pensées fréquentes autour de la consommation, besoin d’avoir de l’alcool à disposition ou nervosité en cas de privation.
- Les pertes de contrôle sont fréquentes et les limites de consommation sont régulièrement dépassées, jusqu’à l’ivresse.
- L’objectif principal de la consommation est de rechercher l’ivresse et l’absence d’alcool devient difficile à supporter.
- Plusieurs tentatives de réduction ou d’arrêt complet ont déjà échoué.
- La consommation a entraîné de graves difficultés dans la vie personnelle, familiale ou professionnelle.
- Des problèmes physiques importants sont liés à la consommation d’alcool, comme une hépatite.
- La consommation est excessive depuis longtemps et s’accompagne de symptômes de sevrage. Un avis médical est alors fortement recommandé, car un arrêt brutal peut présenter des risques pour la santé.
- D’autres problèmes de santé ou certains traitements rendent la consommation d’alcool risquée.
- Des difficultés psychologiques, comme une dépression ou un autre trouble psychotique, sont présentes.
- L’entourage est composé majoritairement de personnes ayant une consommation excessive.
- Plusieurs membres de la famille souffrent de problèmes de dépendance.
Attention : l’absence de symptômes de sevrage physique n’exclut pas une dépendance à l’alcool. Celle-ci peut notamment se manifester par une forte dépendance psychologique.
Lorsque l’arrêt s’avère particulièrement difficile, un traitement de soutien peut être envisagé pendant une certaine période, en concertation avec un médecin.