Comprendre l’ambivalence
Lorsqu’on commence à réfléchir à sa consommation, on se rend souvent compte que l’on a, en soi, tant des avantages que des inconvénients à consommer. C’est ce que l’on nomme l’ambivalence. Souvent, lorsqu’une personne consomme trop d’alcool et qu’elle en souffre, elle peut mettre toute son attention sur les aspects négatifs de sa consommation. Pourtant, si elle continue à boire, c’est parce qu’elle en retire aussi certains effets positifs. Ces effets constituent les « bons côtés » de la consommation d’alcool.
Les conséquences positives et négatives
Boire peut, dans certains cas, passer d’une consommation principalement associée au plaisir ou à la « convivialité » à une consommation de plus en plus fréquente. Cette consommation peut alors également avoir des conséquences négatives, qui peuvent devenir de plus en plus importantes.
Il est certes important d’évaluer les inconvénients de la consommation, car ce sont eux qui peuvent motiver à moins boire ou à arrêter. Ces inconvénients peuvent concerner la personne elle-même, mais aussi son entourage : partenaire, amis, parents, enfants, collègues, etc.
Pour autant, il est tout aussi important d’examiner les avantages de la consommation d’alcool, car ils continuent à jouer un rôle dans la motivation.
Les « bons côtés » de la consommation
Les avantages ressentis peuvent être très différents d’une personne à l’autre. Il peut s’agir de se détendre après une journée difficile, diminuer une tension, faciliter les relations avec les autres, avoir l’impression de mieux dormir, oublier temporairement ses problèmes, ressentir du plaisir ou simplement retrouver une habitude familière. Ils peuvent également être immédiats, alors que certaines conséquences négatives apparaissent plus tard. Cette différence peut contribuer à maintenir la consommation, même lorsque ses conséquences deviennent problématiques.
Bien connaître ces avantages permet de mieux comprendre ce qui pourrait manquer en réduisant sa consommation d’alcool ou en cessant de boire. Une personne qui boit principalement pour se détendre peut par exemple constater que ce qui lui manque lorsqu’elle réduit sa consommation n’est pas nécessairement l’alcool lui-même, mais le moment de détente qu’elle lui associait. Il est alors possible de réfléchir à la manière de réagir à ce manque, à ce qui pourrait être fait au lieu de boire.
Mieux comprendre sa motivation au changement
Prendre le temps d’identifier les avantages et les inconvénients de la consommation permet ainsi de mieux comprendre ce qui pousse dans un sens ou dans l’autre. Il ne s’agit pas de chercher à se convaincre qu’il faut arrêter ou réduire sa consommation, mais de mieux comprendre son rapport à l’alcool et ce qui pe
ut influencer sa motivation au changement. Nous sommes donc bien loin de l’idée qu’arrêter l’alcool est une simple question de volonté.
| À retenir : Motivation et volonté sont deux notions à différencier. La difficulté à arrêter de consommer est souvent associée à un manque de volonté. Or, cette vision est réductrice et culpabilisante. Comprendre les motivations qui sous-tendent un désir de changement permet, à l’inverse, de considérer ce changement comme un cheminement qui se construit progressivement. Une ambivalence peut d’ailleurs marquer cette motivation et s’expliquer par les avantages et les inconvénients que la personne associe à sa consommation. |