L'abstinence correspond au fait de ne pas consommer d'alcool, de manière temporaire ou permanente. Elle peut être volontaire ou recommandée dans le cadre d’une prise en charge médicale ou psychologique.
L’abstinence peut être envisagée dans différentes situations, par exemple pendant une grossesse, à l'occasion d'un défi comme le mois sans alcool, en raison d'un traitement médical, dans le cadre d'une démarche personnelle à plus long terme ou tout simplement parce que l’alcool n’est pas apprécié.
Abstinence ou modération ?
Le choix de l’abstinence ou de la modération a longtemps fait débat. Longtemps, l’abstinence a été vue comme l’unique possibilité pour contrer une utilisation abusive d’alcool. Dans cette perspective, les premiers modèles de prise en charge face à l’alcool se sont focalisés sur le produit, considérant les personnes comme des « malades alcooliques ». L’alcool étant la cause de la maladie, la voie de la rémission passait inévitablement et par l’élimination durable du “toxique”. Tout retour à l’alcool était alors envisagé comme une réactivation du processus d’aliénation, avec pour conséquence la perte de contrôle. Dans ce cadre de compréhension, les personnes dépendantes de l’alcool étaient donc soit abstinentes, soit en rechute.
Pourtant, une grande partie des personnes en souffrance avec l’alcool ne parviennent pas à être abstinentes ou refusent de s’engager dans cet objectif thérapeutique. Cela expliquerait, en partie, qu’un grand nombre de personnes ne font pas appel à une aide professionnelle ou tardent à la solliciter.
Progressivement, la vision médicale de la personne « malade alcoolique » s’élargit. Il n’est alors plus seulement question de l’alcool, mais aussi et surtout d’un individu qui le consomme dans un contexte donné. On reconnaît ainsi différents types de consommations qui recouvrent une variété de situations, de l’expérimentation à la dépendance. Ce n’est pas tant l’alcool qui est au centre des préoccupations que l’usage qu’en fait l’individu, tant en termes de quantité que de fréquence.
Cela veut dire que l’abstinence n’est plus le but ultime, mais plutôt un moyen, parmi d'autres, de parvenir à un mieux-être personnel, familial ou social. Désormais, la question de la modération et de la réduction des risques peut être envisagée comme un choix, un objectif.
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Les bénéfices de l’abstinence
Les données de la recherche en neurosciences abondent dans le sens d’un bénéfice durable de l’abstinence pour la santé. En effet, les processus addictifs s’accompagnent de modifications structurelles du système nerveux central, qui ne peut plus retrouver son état antérieur, même après une longue période d'abstinence. Ces modifications définitives induiraient une hypersensibilité à l'alcool, qui réenclencherait immédiatement le processus de dépendance en cas de réalcoolisation. Cela pourrait expliquer en partie le phénomène de rechutes à répétition.
L’abstinence serait également un facteur de protection contre la dégénérescence neuronale induite par la consommation d’alcool au long cours. De facto, il y aurait moins de risque de développer à terme des pathologies neurologiques comme les démences alcooliques ou le syndrome de Korsakoff. Mais mieux encore, une abstinence d’au moins 6 mois favoriserait la récupération des troubles du fonctionnement cognitif (difficultés de mémoire, ou d’organisation) observés chez les personnes alcoolo-dépendantes.
| À retenir : L’abstinence consiste à ne pas consommer d’alcool, temporairement ou durablement, et peut constituer un objectif adapté à certaines personnes et situations. Elle n’est toutefois pas la seule voie possible : la modération peut également représenter un objectif pertinent, selon la situation, les besoins et les objectifs de chacun. |