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Lorsque l'on évoque la consommation d'alcool, on oppose souvent deux situations : la consommation dite « non problématique » et la dépendance. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée. En réalité, les consommations d'alcool s'inscrivent dans un continuum, qui va de l'absence de consommation à la dépendance, en passant par différents modes de consommation. Chaque personne présente des caractéristiques, des risques et des conséquences qui lui sont propres.

Une consommation d’alcool sans risque 

Cette vision binaire selon laquelle une consommation serait soit problématique, soit sans conséquence masque une réalité essentielle : il n'existe pas de consommation d'alcool totalement sans risque. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé [OMS] (2024), toute consommation d’alcool, même faible, comporte des risques pour la santé. Toutefois, les dommages les plus importants concernent principalement les consommations élevées, qu’elles soient ponctuelles ou régulières. 

Mieux comprendre les différents types de consommation 

Mieux connaître les différents types de consommation permet de mieux comprendre sa propre relation à l'alcool, d'identifier d'éventuels signaux d'alerte et d'agir avant que les difficultés ne s'installent.

Considérer la consommation d'alcool comme un continuum, plutôt que comme une opposition entre un usage « normal » et un usage « pathologique », aide à mieux comprendre les trajectoires de consommation et favorise une prévention ainsi qu'une prise en charge plus précoces.

Dans cet article, nous présentons plusieurs types de consommation. Cette classification n'est pas exhaustive : il existe de nombreuses façons de consommer de l'alcool, et une même personne peut passer d'un mode de consommation à un autre au cours de sa vie. Certaines catégories peuvent également se chevaucher.

L’abstinence 

L'abstinence correspond au fait de ne pas consommer d'alcool, de manière temporaire ou permanente.

Elle peut être choisie dans différentes situations, par exemple pendant une grossesse, à l'occasion d'un défi comme le mois sans alcool, en raison d'un traitement médical, dans le cadre d'une démarche personnelle à plus long terme ou tout simplement parce que l’alcool n’est pas apprécié. 

→ En savoir plus sur l’abstinence.

La consommation occasionnelle 

La consommation occasionnelle désigne une consommation d'alcool ponctuelle, qui intervient lors d'événements ou de situations particulières (repas de fête, célébration, sortie entre ami·es, etc.), sans s'inscrire dans une habitude de consommation régulière.

→ En savoir plus sur la consommation occasionnelle.

La consommation expérimentale :

La consommation expérimentale correspond à un premier essai ou à une consommation motivée par la curiosité, l'envie de découvrir les effets de l'alcool ou l'influence de l'entourage. Elle est généralement ponctuelle et ne s'inscrit pas dans une consommation régulière.

→ En savoir plus sur la consommation expérimentale.

La modération 

La consommation modérée consiste à planifier sa consommation d'alcool en définissant à l'avance la fréquence, les quantités et les contextes dans lesquels on choisit de boire, ainsi que les situations où l'on préfère ne pas consommer ou limiter sa consommation.

Cette démarche s'adapte aux objectifs de chacun·e afin de réduire les risques liés à la consommation d'alcool.

→ En savoir plus sur la consommation modérée.

La consommation excessive 

La consommation excessive correspond à une consommation dont la fréquence, les quantités ou les circonstances dépassent les repères de consommation à faible risque. Selon le Conseil supérieur de la santé belge (2018), une consommation d’alcool à moindre risque chez l’adulte correspond à une consommation ne dépassant pas 10 verres standard par semaine, avec plusieurs jours sans consommation. Ces repères recommandent également de limiter sa consommation à un maximum de 2 verres standard par jour. 

La consommation excessive augmente le risque de conséquences négatives sur la santé, mais aussi dans la vie familiale, sociale ou professionnelle.

→ En savoir plus sur la consommation excessive.

Le binge drinking 

D’après l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (s.d.), le binge drinking consiste à consommer une grande quantité d'alcool en un temps très court, le plus souvent dans le but de ressentir rapidement les effets de l'alcool ou de s'enivrer.

→ En savoir plus sur le binge drinking.

La dépendance 

Selon la onzième Classification Internationale des Maladies [CIM-11] (2022), rédigée par l’OMS, la dépendance à l'alcool se caractérise par différents critères. Ces critères peuvent être : une perte de contrôle de la consommation, un besoin irrépressible de consommer, avoir des difficultés à réduire ou arrêter la consommation, continuer à boire malgré les conséquences sur les différentes sphères de vie, une tolérance accrue au produit, des symptômes de sevrage en cas d’arrêt ou de diminution de la consommation, etc.

→ En savoir plus sur la dépendance.

Différentes façons d’agir 

Les différents types de consommation d’alcool montrent qu’il n’existe pas une seule manière de consommer, ni une trajectoire unique. Les usages peuvent évoluer au fil du temps et il est possible d’agir à différents moments pour réduire les risques associés à l’alcool.

Réduire sa consommation, espacer les occasions de boire, prévoir des périodes sans alcool ou choisir l’arrêt complet sont autant de démarches qui peuvent contribuer à améliorer sa santé et son bien-être. Chaque changement, même progressif, peut avoir un impact positif lorsqu’il correspond aux objectifs et aux besoins de la personne.

→ En savoir plus sur comment changer ses habitudes de consommation.

À retenir : Les différentes manières de consommer se situent sur un continuum. Chaque consommation comporte un risque, même lorsqu’elle se fait en faible quantité. Les différents types de consommation que sont : l’abstinence, la consommation occasionnelle, expérimentale, excessive, le binge drinking et la dépendance illustrent les différentes manières et trajectoires de consommation possibles.