Le binge drinking, également appelé « biture express » en français, désigne un mode de consommation d’alcool caractérisé par l’ingestion d’une quantité importante d’alcool sur une courte période. Cette pratique vise généralement à atteindre rapidement un état d’ivresse.
La définition du binge drinking peut varier selon les auteur·rices et les organismes de santé. Les seuils retenus peuvent notamment différer selon le sexe et l’âge. Selon l’enquête de santé publiée par Sciensano en 2024, le binge drinking correspond à une consommation de 4 verres standard ou plus en moins de deux heures chez les femmes, et de 6 verres standard ou plus chez les hommes.
→ en savoir plus sur les verres standards.
Le binge drinking sous différentes formes
Les manières de pratiquer le binge drinking, comme les raisons qui peuvent y conduire, varient d’une personne à l’autre. Cette pratique peut ainsi prendre différentes formes et s’inscrire dans des contextes de consommation très variés.
Les façons de consommer
Certaines personnes peuvent avoir une consommation d’alcool relativement modérée en semaine ou au cours de la journée, mais consommer des quantités beaucoup plus importantes le soir ou durant le week-end. Pour d’autres, les épisodes de consommation excessive ne sont pas liés à un moment précis, mais davantage à certains contextes : réunions de famille, soirées étudiantes, événements festifs, concerts, afterworks, etc. Le binge drinking peut donc s’inscrire dans des habitudes de consommation très différentes, selon les personnes et les situations.
Les raisons de consommer
Les raisons qui peuvent conduire à pratiquer le binge drinking sont elles aussi multiples. Certaines personnes cherchent notamment à atteindre rapidement l’ivresse afin d’en ressentir les effets de manière intense. Les facteurs susceptibles de favoriser cette pratique peuvent être regroupés en trois grandes catégories : les facteurs sociaux, environnementaux et personnels.
Les facteurs sociaux peuvent notamment être liés à la pression des pair·es, à l’influence du groupe ou encore à la recherche de désinhibition pour faciliter certaines interactions sociales. Les facteurs environnementaux peuvent quant à eux inclure la banalisation de la consommation d’alcool, sa disponibilité et son accessibilité, ainsi que sa présence lors de certains événements ou occasions particulières. Enfin, les facteurs personnels peuvent être associés à la volonté d’expérimenter, de repousser ses limites, de se détendre ou de se divertir. La consommation peut également être utilisée comme un moyen de faire face au stress ou à certaines émotions négatives.
Il existe cependant autant de motifs de consommation qu’il existe de personnes qui consomment de l’alcool. Les raisons présentées ici ne sont donc pas exhaustives et varient d’une personne à l’autre, mais aussi selon les situations et les contextes de consommation.
Les effets du binge drinking
Les effets à court terme
Les effets du binge drinking ne se limitent pas à l’ivresse. Une consommation importante d’alcool sur une courte période peut entraîner de nombreuses conséquences à court terme.
L’intensité de ces effets varie notamment en fonction de plusieurs facteurs : la corpulence, le sexe, les habitudes de consommation, la quantité d’alcool ingérée, la vitesse à laquelle l’alcool est consommé ou encore l’association éventuelle avec d’autres substances.
À court terme, une consommation excessive d’alcool peut altérer les capacités cognitives et motrices. Elle peut notamment entraîner des troubles de la concentration, du jugement, de l’équilibre, de la coordination et du temps de réaction. Elle peut également provoquer des nausées, des vomissements, une somnolence ou encore des troubles de la conscience, ce qui augmente le risque d’accidents et de blessures.
Lors d’une intoxication sévère, l’alcool peut perturber certaines fonctions vitales et provoquer une dépression respiratoire, des troubles circulatoires, une hypothermie, des convulsions ou une perte de connaissance. L’inhalation de vomissements peut alors entraîner une obstruction des voies respiratoires et un risque d’étouffement. (Rédaction de Leading Medicine Guide, 2026)
Les effets à moyen et long terme
La répétition d’épisodes de binge drinking et, plus largement, une consommation importante et régulière d’alcool peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé.
Le niveau de risque dépend notamment de la quantité totale d’alcool consommée au fil du temps, de la fréquence et de l’intensité des épisodes de consommation, ainsi que des caractéristiques individuelles.
D’après l’Association Addiction France (2024), une consommation excessive d’alcool peut, à moyen et long terme, entraîner différentes conséquences sur la santé. Elle peut notamment être associée à des maladies du foie, à des troubles cardiovasculaires, à des problèmes de santé mentale ainsi qu’au développement d’une dépendance.
L’alcool peut également avoir des effets néfastes sur le cerveau, en particulier lorsque la consommation débute à un jeune âge. Certaines régions cérébrales poursuivent en effet leur maturation jusqu’au milieu de la vingtaine. Une consommation importante et répétée d’alcool durant cette période peut perturber certains processus du développement cérébral, et avoir des conséquences durables.
Binge drinking et dépendance
Le binge drinking et la dépendance à l’alcool sont deux notions différentes, mais elles peuvent être liées.
Une personne qui pratique occasionnellement le binge drinking n’est pas nécessairement dépendante de l’alcool. Cependant, la répétition d’épisodes de consommation importante peut favoriser l’installation progressive d’une tolérance, d’une perte de contrôle de la consommation et, chez certaines personnes, d’un trouble lié à l’usage de l’alcool.
L’alcool est une substance psychoactive susceptible d’entraîner une dépendance. Le risque de développer des problèmes liés à sa consommation augmente notamment avec la quantité consommée et la fréquence des épisodes de consommation excessive.
Réduction des risques
Lorsqu’une personne cherche à atteindre rapidement un état d’ivresse, le risque de subir les conséquences liées à une consommation excessive d’alcool augmente. Certaines mesures de réduction des risques peuvent néanmoins contribuer à limiter les dommages et à rendre la situation moins dangereuse.
Voici quelques exemples :
- Alterner les boissons alcoolisées avec de l’eau afin de ralentir le rythme de consommation et de limiter la déshydratation.
- Éviter d’associer l’alcool à d’autres substances psychoactives, afin de limiter notamment les risques de perte de conscience et de dépression respiratoire.
- Ne pas conduire après avoir consommé de l’alcool et privilégier un moyen de déplacement sûr : transports en commun, taxi, accompagnement par une personne sobre, etc.
- Rester accompagné·e lorsque l’ivresse devient importante, idéalement par une personne sobre capable de surveiller l’état de la personne intoxiquée.
- Privilégier un environnement sécurisé afin de limiter les risques de chute, de blessure ou d’accident.
- Avoir des préservatifs à disposition, afin de réduire le risque de rapports sexuels non protégés en cas de désinhibition liée à l’alcool.
- Emporter des protections auditives, comme des bouchons d’oreilles, lors des soirées ou événements particulièrement bruyants afin de limiter l’exposition sonore et les risques de dommages auditifs.
Où trouver de l’aide ?
Les personnes qui souhaitent réfléchir à leur consommation d’alcool, réduire leur consommation ou modifier leurs habitudes peuvent bénéficier d’un accompagnement adapté.
Différentes formes d’aide existent, que ce soit pour obtenir des informations, faire le point sur sa consommation ou être accompagné·e par un·e professionnel·le.
→ En savoir plus sur les possibilités d’accompagnement.
| À retenir : Le binge drinking désigne une consommation importante d’alcool sur une courte période, s’inscrivant dans des habitudes de consommation diverses. Ses effets sont multiples et peuvent varier dans le temps, allant de l’altération des capacités cognitives à l’augmentation du risque de développer divers troubles et maladies. Il n’est donc pas anodin, notamment en raison du risque de tolérance et de perte de contrôle. Plusieurs recommandations peuvent toutefois contribuer à en réduire les risques. |